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Saint Martin du Fresne

Antiquité - Moyen-Age

Par la cluse de Nantua, les hommes pénètrent tôt dans la région et en occupèrent les parties basses : on retrouve leur trace à Brion, dans la vallée de l'Ange et de l'Oignin. Il a existé une station néolithique à Charix, et de l'âge du Bronze à Nantua.
La route favorisa le passage des invasions : le canton a été occupé par les Romains qui s'installèrent à Orindis, à 1,5km du Montréal actuel, et à Brion.

Aux IIIe et IV siècles, les Alamans détruisirent les agglomérations mais très vite les habitants se réinstallèrent sur les mêmes lieux, sauf à Montréal qui ne fut reconstruite qu'en 1245 au pied du château.

La première mention officielle de Nantua se trouve dans le Traité de Verdun en 843 (traité qui partage l'Empire de Charlemagne entre ses fils). La région appartient à Lothaire, et à sa mort, elle reviendra à Charles-le-Chauve, frère de Lothaire, qui reposa 7 ans dans le coeur de l'église abbatiale.
Elle fait ensuite partie, jusqu'en 1299 du Royaume de Bourgogne-Provence fondé par Boson (décédé en 847) puis du Saint-Empire-Romain-Germanique.
C'est l'époque de la féodalité en Europe, l'Ain est morcelé entre de nombreuses seigneureries, le canton de Nantua actuel est très divisé.

Au Xe siècle, Brion, Port, Géovreissiat, Maillat et Saint-Martin appartenaient aux sires de Coligny ils passèrent ensuite aux sires de Thoire.
Le premier sire de Thoire connu, apparaît en 1086. Montréal est le chef-lieu de leurs terres en Bugey. Ils possèdent aussi dans le canton, Apremont.

Au XIIe siècle, ils reçoivent, du dernier sire de Villars, les biens et les droits de cette famille qui détient une grande partie de la Bresse.
Mais leur puissance est limitée par celle de l'abbaye Saint-Pierre de Nantua, une des trois grandes abbayes souveraines du département, avec Saint-Rambert et Ambronay.
Sous sa dépendance, s'est développée une ville qui possède son château et s'est entourée de remparts et de fossés. Les Neyrolles, Le Poizat, Lalleyriat, Charix, Maillat, Saint-Martin-du-Fresne sont aussi sous l'autorité des moines.
La lutte est rude entre ces deux grands. Les Neyrolles sont pillés par les sires de Thoire et Villars en 1248, Nantua est prise deux fois, de vive force : ses murailles sont même détruites.
Deux traités, l'un en 1251, l'autre en 1270, règlent leur différent avec l'abbaye. Ainsi dès 1248, passe aux sires de Thoire et Villars, la garde du Poizat, Lalleyriat, Apremont et en 1270 celle de Charix.
Cependant, les seigneurs de la région se heurtent aussi à l'opposition des bourgeois et des paysans qui supportent mal leur tutelle. En 1109, les bourgeois de Nantua se font accorder par Louis le Gros, des franchises et des privilèges.

Au XIIIe siècle, quand le mouvement communal atteint la région, les sires de Thoire et Villars doivent concéder des chartes de franchise à Montréal et Brion en 1248 et 1260 - elles seront confirmées en 1287, Apremont les obtient en 1286.

A Nantua, la vie communale prend de plus en plus d'importance favorisée, à partir de 1443, par la décadence de l'abbaye.
En 1445, par une transaction passée avec le prieur Humbert de Mareste, les bourgeois augmentent substantiellement leurs droits. Cette transaction servira de base, jusqu'à la Révolution, aux discussions qui opposeront la ville à son suzerain.
Enfin les sires de Thoire et Villars vont devoir lutter contre plus puissants qu'eux car la zone qu'ils contrôlent, est située sur une voie d'accès aux Alpes. Ils s'opposent aux ducs de Bourgogne mais surtout aux ambitions de la Maison de Savoie.
En cinq siècles, celle-ci va réunir sous sa tutelle toutes les terres allodiales - elles correspondent à peu près au département de l'Ain actuel - grâce à une politique habile de mariages, d'alliances mais aussi de conflits.

Dès 1289, Brion, Port, passent à la Savoie. En 1423 les sires de Thoire et Villars, las de s'opposer au duc de Bourgogne, qui tient déjà les principales forteresses de la région, donnent le Bugey à Amédée III. La Savoie obtient en même temps les terres de Nantua ravies par les sires de Thoire et Villars au Prieuré.

Temps modernes

A partir de ce moment, le Bugey partage le destin de la Maison de Savoie. Il subit l'influence de l'Autriche lorsque Philibert, duc de Savoie, épouse Marguerite, fille de l'Empereur.
Il participe aux luttes contre les rois de France : en 1535, il est conquis par Philippe Chabot au nom de François 1°. En 1559, il est restitué par Henri II à la Savoie ; il est repris par Henri IV en 1595 et définitivement cédé à la France, en échange du marquisat de Saluée, par le traité de 1601, dit "Traité de Lyon".

Sous l'Ancien Régime, la région de Nantua fait partie du Gouvernement de Bourgogne. Elle dépend du Parlement et de la Chambre des Comptes de la généralité de Dijon.
Nantua est un des neuf archiprêtrés du diocèse de Lyon. Il a été détaché de celui d'Ambronay contrairement à Charix et Montréal qui passeront en 1742 au diocèse de Saint-Claude.
Nantua est un bourg important, il possède un collège, un bureau de charité, un bureau pour les traites foraines et pour le contrôle des actes, un grenier à sel, un entrepôt à tabac.

Dès cette époque la région est caractérisée par son activité artisanale. Amelot remarque que "Nantua est la ville de sa généralité où il y a le plus d'émulation pour l'industrie".

Révolution et époque contemporaine

La révolution a été bien accueillie : les cahiers de doléances seront portés par des délégués à Belley et c'est Delilia Decroze de Montréal qui représentera le Tiers Etat aux Etats Généraux.

Après la prise de la Bastille, le fermier du prieuré, Jagot s'emparera des archives des bénédictins. La ville convoquera alors les représentants des paroisses dépendant du prieuré, pour leur remettre les titres les concernant et essayer d'enrayer ainsi la révolte.
En 1791, la région fut réorganisée : deux départements furent envisagés, Nantua refusa de dépendre de Belley ; le département de l'Ain fut créé, il aura 9 districts, 49 cantons.
Les temps sont difficiles, la disette règne. C'est à Nantua que revient la lourde charge de faire circuler le blé de "La Comté".
En 1792 les Bugistes partirent, parmi les 30000 hommes du département, grossir les rangs des armées de la République. Jagot représenta le district à la Convention et Albitte fut envoyé comme représentant en mission dans l'Ain, il sera l'instigateur des destructions des églises et de la récupération des cloches.

Sous l'Empire le département sera divisé en 4 arrondissements. En gros, les limites des cantons et des communes datent de cette époque.
Le renouveau agricole est favorable à la région qui, plus tard, sera affectée par les campagnes napoléoniennes : après la défaite de Leipzig en 1813, les armées déferleront par la trouée de Fort l'Écluse, des combats auront lieu à Nantua et Maillat qui seront à nouveau champs de bataille, ainsi que Charix, lors du retour de Napoléon en 1815.

Sous le règne de Louis-Philippe, qui encourage le développement de l'industrie, on verra s'installer dans les villages la tournerie sur bois, de nouvelles routes et chemins vicinaux seront tracés.
La Révolution de 1848 enthousiasmera les Bugistes. Nantua deviendra un centre de propagande démocratique et le Bugey élira à l'Assemblée Législative de 1849, Alphonse Baudin, un médecin partisan du peuple, qui sera tué sur les barricades au lendemain du Coup d'État de 1851.

Sous le Second Empire, Nantua deviendra une des trois zones d'implantation de l'industrie de la soie dans le département. Des usines se créent : deux à La Cluse, une à Nantua.
Parallèlement, la tabletterie apportera "l'aisance dans les villages (comice agricole en 1863).
En 1870 lorsque la guerre met fin au Second Empire, l'armée du général Bourbaki qui fuit devant les Autrichiens, traverse encore une fois notre région.

La III° République sera une période faste : les Bugistes s'intéressent aux idées nouvelles, l'instruction se développe, les sociétés savantes se créent, les comices agricoles sont des rendez-vous importants et diverses industries transforment l'économie de la région.

Entre 1890 et 1900, quand l'utilisation du métier mécanique coupe l'essor de l'industrie de la soie et la fait disparaître complètement, à Oyonnax l'industrie du plastique tend de plus en plus à remplacer celle du peigne. Malgré des périodes difficiles, elle va permettre la reconversion du canton de Nantua.
L'utilisation d'une nouvelle forme d'énergie, l'électricité, facilitera la dispersion en nombreux petits ateliers (moins de dix personnes) dans les agglomérations d'alentour. L'industrie du plastique fournira aussi du travail a domicile (finissage, conditionnement). Peu à peu se mettra en place le bassin d'emploi Nantua-Oyonnax.


Situation & Topographie - Histoire du Canton de Nantua

 

 

Canton de Nantua
Situation et Topographie - Histoire du Canton de Nantua