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Saint Martin du Fresne



Stèle dressée
à l'entrée nord de St Martin
en hommage à Sébastien Castellion
Tous les ouvrages de Castellion furent condamnés par les autorités
ecclésiastiques, catholiques ou réformées, et nombre
d'entre eux ne furent publiés qu'après sa mort. Ses éditeurs
craignaient les poursuites de la part des autorités ecclésiastiques,
et les livres furent souvent publiés sous de faux noms, à des
adresses fictives.
Ainsi, les Dialogi sacri (Dialogues
sacrés), dans lesquels Castellion expose ses conceptions sur
la foi, la prédestination ou encore le libre arbitre, ne furent publiés
qu'en 1578, et entraînèrent l'emprisonnement de l'éditeur.
Enfin, le De arte dubitandi et confitendi, ignorandi
et sciendi (De l'art de douter et de croire,
d'ignorer et de savoir), écrit en 1563, qui exprime des
conceptions rationalistes et antitrinitaires, ne fut pas non plus publié
de son vivant.
| Chantal Janin-Thyvot | Sébastien Castellion, apôtre de la tolérance | |
|---|---|---|
| André Gounelle | Biographie, travaux | |
| Marcelle Derwa | Biographie, affaire Servet | |
| chapitre.com | La Bible traduite en français par Sébastien Castellion | |
| Extrait de La Genèse | ||
![]() |
Biographie, Bibliographie | |

Théologien et humaniste français (Saint Martin du Fresne, 1515 Bâle, 1563)
Une pensée religieuse non orthodoxe
En 1551, il publia une traduction de la Bible
en latin. Dans sa préface, dédiée à Édouard VI
d'Angleterre, il exprimait ses premières idées sur la tolérance,
tirant notamment ses arguments de l'Écriture sainte elle-même
par exemple, le passage où Gamaliel prône la tolérance
chez les Juifs (Act., V, 33-39).
Il s'opposait ainsi à la politique religieuse de Calvin, et Théodore
de Bèze qualifia cette préface de «blasphématoire».
L'ouvrage fut mis à l'Index par l'Inquisition, tant à Paris
qu'en Espagne ou à Venise.
Il donna plus tard une version de la Bible en français
(1555), et dut défendre sa traduction dans Defensio
suarum translationum Bibliorum, publié à Bâle en
1562.
Un combat pour la tolérance
À la suite de la condamnation au bûcher de Michel Servet,
Castellion publia en latin, sous un pseudonyme, son De
haereticis, an sint persequendi [
] sententiae (Traité
des hérétiques, à savoir si on les doit persécuter,
et comme on se doit conduire avec eux, 1554).
L'ouvrage, dirigé contre Calvin, est un recueil de textes de divers
auteurs, y compris Calvin deux extraits où celui-ci se
montrait tolérant , des Pères de l'Église
ou de contemporains.
Castellion y figure dans quelques textes signés sous de faux noms ;
il appelle à ne pas réprimer l'hérésie par la
persécution : «Il vaudrait mieux laisser vivre cent, voire
mille hérétiques que de faire mourir un homme de bien sous ombre
d'hérésie.»
Il compléta son attaque contre le réformateur genevois en écrivant
le Contra libellum Calvini, qui circula sous
forme manuscrite et ne fut publié qu'en 1612 ; il y distingue
les hérétiques, envers lesquels il faut agir charitablement,
des blasphémateurs, qui méritent selon lui «la vindicte
du magistrat». Il est également l'auteur de De
haereticis non puniendis (en français De
l'impunité des hérétiques), dirigé contre
le Traité des hérétiques de Théodore de Bèze.
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