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Saint Martin du Fresne

Castellion fit ses études au collège de la Trinité, à Lyon.
En 1540, converti aux idées de la réformation, il se rendit à Strasbourg, où se trouvait Calvin, dont il devint l'un des plus proches collaborateurs. Il le suivit à Genève, où il reçut la direction du collège.
Mécontent de l'autoritarisme de Calvin, il critiqua son gouvernement avant de quitter Genève en 1544 pour s'établir à Bâle, où trouvaient alors refuge nombre de protestants opposés au réformateur genevois, ainsi que des anabaptistes. Il y travailla comme correcteur d'imprimerie avant d'être nommé professeur de grec à l'Université (1553).



Stèle dressée
à l'entrée nord de St Martin

en hommage à Sébastien Castellion

Ses idées en faveur de la tolérance s'affirmèrent encore dans son Conseil à la France désolée, auquel est monstré la cause de la guerre présente et le remède qui y pourrait estre mis (1562), où il développe l'idée qu'il faut cesser de forcer les consciences si l'on veut arriver à la paix entre catholiques romains et protestants.

Tous les ouvrages de Castellion furent condamnés par les autorités ecclésiastiques, catholiques ou réformées, et nombre d'entre eux ne furent publiés qu'après sa mort. Ses éditeurs craignaient les poursuites de la part des autorités ecclésiastiques, et les livres furent souvent publiés sous de faux noms, à des adresses fictives.
Ainsi, les Dialogi sacri (Dialogues sacrés), dans lesquels Castellion expose ses conceptions sur la foi, la prédestination ou encore le libre arbitre, ne furent publiés qu'en 1578, et entraînèrent l'emprisonnement de l'éditeur. Enfin, le De arte dubitandi et confitendi, ignorandi et sciendi (De l'art de douter et de croire, d'ignorer et de savoir), écrit en 1563, qui exprime des conceptions rationalistes et antitrinitaires, ne fut pas non plus publié de son vivant.

Chantal Janin-Thyvot Sébastien Castellion, apôtre de la tolérance
André Gounelle Biographie, travaux
Marcelle Derwa Biographie, affaire Servet
chapitre.com La Bible traduite en français par Sébastien Castellion
Extrait de La Genèse
Biographie, Bibliographie

Théologien et humaniste français (Saint Martin du Fresne, 1515 — Bâle, 1563)

 

 

 

 

 

 

Une pensée religieuse non orthodoxe
En 1551, il publia une traduction de la Bible en latin. Dans sa préface, dédiée à Édouard VI d'Angleterre, il exprimait ses premières idées sur la tolérance, tirant notamment ses arguments de l'Écriture sainte elle-même — par exemple, le passage où Gamaliel prône la tolérance chez les Juifs (Act., V, 33-39).
Il s'opposait ainsi à la politique religieuse de Calvin, et Théodore de Bèze qualifia cette préface de «blasphématoire». L'ouvrage fut mis à l'Index par l'Inquisition, tant à Paris qu'en Espagne ou à Venise.
Il donna plus tard une version de la Bible en français (1555), et dut défendre sa traduction dans Defensio suarum translationum Bibliorum, publié à Bâle en 1562.

 

 

 

Un combat pour la tolérance
À la suite de la condamnation au bûcher de Michel Servet, Castellion publia en latin, sous un pseudonyme, son De haereticis, an sint persequendi […] sententiae (Traité des hérétiques, à savoir si on les doit persécuter, et comme on se doit conduire avec eux, 1554).
L'ouvrage, dirigé contre Calvin, est un recueil de textes de divers auteurs, y compris Calvin — deux extraits où celui-ci se montrait tolérant —, des Pères de l'Église ou de contemporains.
Castellion y figure dans quelques textes signés sous de faux noms ; il appelle à ne pas réprimer l'hérésie par la persécution : «Il vaudrait mieux laisser vivre cent, voire mille hérétiques que de faire mourir un homme de bien sous ombre d'hérésie
Il compléta son attaque contre le réformateur genevois en écrivant le Contra libellum Calvini, qui circula sous forme manuscrite et ne fut publié qu'en 1612 ; il y distingue les hérétiques, envers lesquels il faut agir charitablement, des blasphémateurs, qui méritent selon lui «la vindicte du magistrat». Il est également l'auteur de De haereticis non puniendis (en français De l'impunité des hérétiques), dirigé contre le Traité des hérétiques de Théodore de Bèze.

 

Sébastien Castellion

 

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