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Saint Martin du Fresne

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Les débuts

A la fin de l'âge de bronze fut érigée sur la colline du Monthoux une première agglomération de torchis et de paille, protégée des loups, ours et autres sangliers par une palissade de pieux et épines.

Les chateaux

Au XIII° siècle, le village est pourvu d'un appareil de défense important :

Le chateau des Terreaux, dont le seul vestige visible aujourd'hui est la tour, fut construit en 1248 par Etienne II de Thoire.
C'était une véritable forteresse.
Au pied de la tour (hauteur approximative 5 mètres, épaisseur des murs 1 mètre), ont été trouvés maintes fois des monnaies de Savoie, de France, des armes, des haches, des armures, voire même des ossements humains.

Dans le quartier de Chateau Bruno, sur l'emplacement de la Cure, se dressait le chateau du même nom.
Ce nom vient de Brunehaut, reine d'Austrasie, qui par ses dons, y aurait permis une fondation monastique.

Le Chateau des Islettes, au bord de l'Oignin, gardait les moulins.

Histoire

En 1948, un cimetière gallo-romain fut découvert "Sur le Chut".
L'étude du mobilier permet d'estimer que la nécropole a pu être utilisée depuis le IV° et le V° siècle après J.C. probablement jusqu'au milieu du VIe siècle.

Ce qui est certain, c'est que vers 760, les abbés de Nantua fondèrent à Saint-Martin un prieuré rural.
Le village, comme Nantua, fut dévasté par les Hongres. Le prieur demanda alors la protection des puissants Sires de Coligny qui défendaient le Revermont et le Bugey contre les envahisseurs. Ce droit de protection fut transmis plus tard aux Sires de Thoire et Villars.

En 1145, le pape Eugène III confirme l'abbaye de Nantua dans la possession de la paroisse de Saint-Martin.

En 1212, Bernard, évêque de Belley délimite le territoire de Saint-Martin d'avec celui de Port.
Au même moment, les habitants traitent directement avec les chartreux de Meyriat des dîmes que ceux-ci exigent sur les terres cultivées et défrichées.

Les sires de Thoire disputaient aux prieurs de Nantua la suzeraineté de ce lieu en invoquant leur droit de garde. Après une lutte violente, un traité de paix fut signé en 1248.
Boniface de Savoie, prieur de Nantua confia "la garde" de la paroisse (prieuré- village- châteaux-forts) à Etienne II de Thoire-Villars.

En 1251, Béatrice de Faucigny, veuve d'Etienne II récompense les habitants de Saint-Martin en leur concédant les Forêts noires et autres territoires car ce sont eux qui ont délivré son fils Humbert III capturé par les Nantuatiens. Elle les affranchit également de la mainmorte.

En 1303, l'Inquisiteur, frère de Guy de Coligny alors prieur de Nantua, en mission "croit" découvrir des hérétiques à Saint-Martin et voulut les incarcérer dans la prison du château, les habitants s'y opposèrent. Saint-Martin fut excommunié et condamné à une amende de 1000 livres.
On fit appel à l'Abbé de Cluny qui arbitra en faveur d'une paix sans représailles. Saint-Martin fit amende honorable et en décembre 1303 on put fêter Noël au son des cloches.

En 1330, les Comtes de Savoie en conflit avec Humbert V de Thoire-Villars s'emparent du village qui est repris quelques années plus tard et confié à Jean-de-Bonaz un des plus fidèles chevaliers du Sire de Thoire-Villars.

En 1355, à la suite d'un traité signé entre Jean de Nogent, prieur de Nantua et Humbert de Thoire-Villars, Saint-Martin est déclaré ville franche.
En 1356, la châtellenie de Saint-Martin est délimitée d'avec les châtellenies voisines.

En 1374, Humbert VI céda la moitié du village à André de Moyria pour 1000 florins d'or.
La maison de Maillat la posséda jusqu'en 1789.

Au seuil du XV° siècle la puissance savoyarde s'affirme :
- en 1402, Humbert VII de Thoire-Villars cède ses droits à Amédée de Savoie;
- celui-ci acquiert en 1414, ceux que prétendait détenir sur Saint-Martin, Philippe le Hardi, au nom duquel le seigneur de Vergy avait occupé le château en 1401.
Ainsi, Saint-Martin changea de suzerain tout en conservant ses 2 seigneurs directs- le prieur de Nantua et Perceval de Moyria, seigneur de Maillât à qui la moitié du village avait été inféodée.

Au cours du XVe siècle, les San-Martinois continuent leurs chicanes à propos des forêts et des pâtures avec le village de Chevillard, la Chartreuse de Meyriat, les officiers de Savoie. Une transaction intervint en 1450.

En 1536, Saint-Martin prête serment de fidélité à François 1er.

En 1639, une épidémie de peste décima le village qui en 1688 ne comptait plus que 200 habitants.

Lors de l'enquête Bouchu (1666-1670), la paroisse de Saint-Martin comprend les hameaux de Chevillard, Maillât et Port. Elle possède aussi 10 granges à vaches où l'"on retire le bétail en été".
Le fief avec le château ruiné et sa tour, appartient au marquis de Luilin de Coudre et au baron d'Achey pour moitié et au prieur de Nantua, Tanneguy de Massac pour l'autre moitié.
La paroisse compte 60 maisons au village, les habitants sont tous agriculteurs sauf trois ou quatre. Ils supportent de lourdes charges: tailles, redevances, servis, entretien des "ponts et des cinq planches", église, clocher... L'église sous le vocable de Saint-Martin possède 5 chapelles prébendées.

En 1694, un incendie ravage le village.

Comme dans toutes les communautés du Haut-Bugey, la population s'accroît au XVIIIe siècle : 139 feux en 1709, 914 à la veille de la révolution.
Le 16 mars 1789, Saint-Martin est représenté à l'assemblée préparatoire du Bugey à Belley par Anselme Tournery et F. Burdet. Les cahiers de doléances comportent 11 articles et la signature de 34 habitants.
Certaines familles existent encore au village: Goyffon, Rosset, Gourmand, Duport, Rambert, Tissot, Benoit, Simon, Bornaret, Burdet, Allombert, Thevenet, Tournery.
Le 14 juillet 1790, François Tournery lieutenant est parmi les députés de l'Ain envoyés à Paris pour la fête de la Fédération.
Le 23 janvier 1791, le curé Louis Levrat et le vicaire Jean-Claude Carron prêtent serment. François Burdet est maire.
Le 14 mars 1791, Saint-Martin reçoit 12 fusils du département. La municipalité dresse une liste de 133 hommes de 18 à 40 ans capables de porter les armes et de pouvoir marcher au besoin pour la défense du pays.

En pluviôse an II (février 1793), le maire écrit : "les citoyens n'ont jamais donné dans la superstition ni le fanatisme ; ils ont fait tout ce qui leur a été prescrit par les décrets et les arrêtés des représentants du peuple ; ils espèrent que la Convention maintiendra son décret qui prohibe toutes violences et mesures contraires à la liberté du culte".
Le 13 ventôse an II (mars 1793) on démolit le clocher. Pascal Foraz est maire.
En messidor an II (juillet 1793) Paul Rosset est président du Comité de surveillance.

La statistique de Bossi, préfet de l'Ain en 1808 signale une population de 1015 habitants.

En 1814, lors du passage des Autrichiens, les habitants de Maillât se réfugièrent à Chamoise. Les Autrichiens les y poursuivirent mais n'osèrent s'engager dans la forêt et mirent le feu à toutes les granges.

A la fin du XIXe siècle, Gaudet, premier syndic des États du Bugey, se fait l'apôtre de l'industrialisation des campagnes et préconise surtout l'extension des industries textiles.
Saint-Martin-du-Fresne est une paroisse grosse productrice de chanvre, elle le vend à l'état brut.
Vers 1900, Saint-Martin compte 750 habitants et couvre 1914 ha.


Rue de l'Ancienne Gare

St Martin du Fresne était autrefois un "noeud ferroviaire" assez important.
En effet, en 1913, des trains à vapeur assuraient le traffic entre Nantua et Ambérieu, Saint Martin, Brénod et Hauteville (Voir "Les Tramways du Bugey").

La voie passait par la rue de l'Ancienne Gare, puis par le chemin situé à l'entrée nord du village, juste avant la station Sandri.
La gare se situait dans la rue qui porte son nom, aux actuels transports Magdelaine.


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