Réseau ferroviaire

A l’heure où la Combe du Val est devenue un axe important de communication entre le plateau bugiste et la Plastics Vallée, les transports de service public sont suppléés par la voiture personnelle. Souvenons nous de la ligne ferrée Saint Martin du Fresne – Hauteville, tant appréciée dans la première moitié du 20° siècle. Comme beaucoup d’autres lignes du département, elle a contribué à la notoriété de la Régie des Transports de l’Ain.

Pour mieux comprendre

C’est en 1856 que le premier chemin de fer est implanté dans le département de l’Ain, la Compagnie des Tramways de l’Ain (TA) dessert le haut Bugey. Au fil des années, diverses lignes sont mises en service. Peu à peu concédées à différentes compagnies, le réseau n’est bientôt plus cohérent, c’est ainsi qu’à partir de 1919, la Régie Départementale des Tramways de l’Ain (RDTA) regroupe l’ensemble des lignes. Le réseau atteindra 480 kilomètres entre 1920 et 1930.

Mais revenons à « nos wagons »…

En 1905, le Conseil Général décida, par 29 voix contre 7, la création de plusieurs lignes de tramways, dont la section Nantua-Brénod inaugurée en avril 1912. Brénod ne sera qu’un terminus provisoire, en attendant l’ouverture, un an plus tard, de la voie qui mènera jusqu’en gare d’Hauteville, en juillet 1913.
L’électrification de cette ligne sera mise en place en juillet 1931. Les locomotives à vapeur sont remplacées par des tracteurs électriques qui assurent la traction du train tout entier. Les automotrices portaient des noms évocateurs, les premières furent baptisées de noms hydrographiques comme « l’Oignin » ou « l’Albarine »… puis de noms de sommets : « le Colombier », « l’Avocat », ou encore « le Reculet »…
Parallèlement à cette voie, l’idée de relier Hauteville au chemin de fer de Lyon-Genève remontait à la fin des années 1880. Ce projet, partiellement concrétisé, demeurera  pourtant inachevé. Les travaux, commencés en 1909 avec le perçage des tunnels, seront suspendus pendant la première guerre mondiale (des rails seront d’ailleurs réquisitionnés). Ils seront repris plus tard, avant d’être finalement abandonnés.
De nos jours, une partie du tracé du côté de Chaley permet encore aux seuls randonneurs d’appréhender ce projet.

Saint Martin du Fresne était autrefois un nœud ferroviaire assez important. Avec l’électrification des lignes, la gare devint, vers 1933, le « centre technique » du Haut Bugey.
Des trains à vapeur assuraient le trafic entre Nantua et Ambérieu, mais aussi Saint Martin, Brénod et Hauteville. La voie empruntait la rue de l’Ancienne Gare, puis le chemin situé à l’entrée nord du village (juste avant le garage Sandri). La gare se situait dans la « rue de l’ancienne gare » actuelle, à l’emplacement des anciens transports Magdelaine (photo de gauche, ci-dessous). 

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Le tramway transportait les voyageurs jusqu’à la station d’Hauteville alors en pleine expansion, où de nombreux sanatoriums accueillaient les malades. Les villages de Maillat, Condamine, Le Balmay, Outriaz, Vieu d’Izenave, Corcelles et Brénod étaient ainsi desservis.

Les marchandises étaient également transportées par wagons complets : du charbon, mais aussi des grumes (troncs d’arbres ébranchés, avec l’écorce) pour le plateau ; des embranchements particuliers jalonnaient le parcours de la ligne, desservant les chantiers de plusieurs scieries.

C’est à partir de 1950 que les transports ferroviaires commencèrent à disparaître au profit des transports routiers. Les lignes, devenues déficitaires furent peu à peu supprimées, comme, entre autres :

Ligne Pont-de-Préau – Nantua, 24 km :
Pont-de-Préau / Saint-Martin-du-Frêne : 18 km (ligne ouverte en 1911, fermée en 1951)
Saint-Martin-du-Frêne / Nantua : 6 km (ligne ouverte en 1911, fermée en 1954)
Ligne Saint-Martin-du-Frêne – Hauteville, 28 km :
Saint-Martin-du-Frêne / Brenod : 18 km (ligne ouverte en 1912, fermée en 1954)
Brenod / Hauteville : 10 km (ligne ouverte en 1913, fermée en 1954)

D’autres suivront…
Ces fermetures mirent fin à 75 années d’exploitation des lignes départementales.